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Racisme et CivilisationCrise hongroise : “ordre néolibéral” vs “ordre altermondialiste”
On entend, actuellement, toutes sortes de choses racontées sur la Hongrie dans les médias. Notamment qu’il y aurait une offensive politique non seulement contre la démocratie, la liberté d’expression et la liberté individuelle, contre les minorités ethniques et religieuses, mais aussi contre les principes commun à l’Union Européenne… etc. etc. Et l’auditeur des médias français en aura même l’impression, qu’il faut y voir des dangereuses prémisses d’un régime fascisant… et qu’il est comme un devoir moral de s’indigner et le condamner comme une seule voix.
C’est bien sur exactement ce qu’attendent de vous, ceux qui sont à l’origine de ces calomnies.
Comme dit le proverbe : “Calomnions, calomnions, il en restera toujours quelque chose…”
Et il en reste en effet. Il paraît même qu’il n’en reste que ça. Et ce n’est pas seulement injuste, mais véritablement mal…
Pourquoi calomnies ? Je vais vous l’expliquer ici même.
Après une brève introduction en la matière, et en commençant par la plus importante, c’est à dire par la nouvelle constitution hongroise, première accusée à s’être écarté de la voie tracée par l’UE, je propose la traduction d’un texte du hongrois, que je n’ai pas choisi à cause de son auteur, par ailleurs connu, mais à cause de son degré de véracité et sa construction originale.
Je pense, qu’il y a là, outre les éléments qu’on entend habituellement répéter à ce sujet, des analyses vraiment dignes d’intérêt, y compris pour le lecteur et citoyen français, qui partage, par communauté de destin, nombre de préoccupations soulevées face à l’avancée galopante des idéologies de la mondialisation, laquelle menace non seulement son économie, mais aussi sa liberté et son identité, en privant les peuples de leur indépendance et de leur véritable liberté, celle de disposer de leur destin.
Et dans cette lutte inégale, les petits pays, comme la Hongrie, ont tout à perdre en abandonnant leur identité à la déchetterie de la mondialisation, et risquent de perdre non seulement leur avenir mais aussi leur passé…
Je sais que Istvan Csurka est habituellement classé à « droite » voire comme nationaliste… et je sais aussi, que les esprits simples, serviles et « bien pensants » et peut être majoritaires, se précipiteront à vouloir créer des associations…
Ils n’auront alors pas à aller plus loin que les autres pages de ce blog, pour se rendre compte qu’il n’en est foutrement rien. Bien au contraire.
Ceci étant dit, continuons.
Donc, d’une part, la réalité d’un artiste de théâtre et d’écrivain est toujours plus complexe qu’il ne paraît à première vue, ou à la lecture d’une seule de ses œuvres, tout comme est plus complexe la réalité de l’échiquier politique hongroise, où la « gauche » est libérale et la « droite » sociale… où la « gauche » privatise et la « droite » nationalise… où la « gauche » est mondialiste et la « droite » souverainiste et ouvertement alter-mondialiste…
Alors, chers amis, lecteurs, jugez-en ! Le monde à l’envers, n’est-ce pas, pour quiconque essaye de l’interpréter avec des « normes » françaises ?
C’est à ce contexte si particulier qu’apporte ce texte un éclairage, bien qu’il n’eusse pas été écrit à l’attention du lecteur français.
Et maintenant, mon avis sur la question :
Certes, le gouvernement de la Hongrie actuelle est, en effet, national… en tant qu’il essaye de restaurer une identité nationale historique (si chère d’ailleurs aux grandes nations européennes!) mais laquelle, dans le cas de ce petit pays assez malmené par l’histoire récente (un peu comme la Pologne), son histoire a été quasiment annihilée sinon inexistante durant plus de 50 ans de dictature (dite) communiste…
Il faut tenir compte de cela, afin de ne pas tomber dans l’anachronisme.
Ce désir d’identité, bien plus compréhensif, à mon avis, sous cette aspect là, est d’ailleurs partagé par beaucoup de pays de l’ex « bloc communiste », mais peut être plus encore par la Hongrie, qui n’a pas eu longtemps pour digérer le deuil généré par les conséquences du traité de Trianon, qui l’a profondément meurtri.
Et là on doit au lecteur quelques explications :
La Hongrie, en tant qu’état européen, existe depuis précisément l’an mille de notre ère, date du couronnement de son premier roi chrétien.
1.La première catastrophe qui l’a frappée, était l’invasion des armées mongoles de Genghis Khan, au 13e siècle. Puis, il s’est redressé. Parmi ses plus grand rois, figurait alors un prince de la maison d’Anjou, au nom de Louis le Grand.
Il a connu l’apogée de son rayonnement, au 15e siècle, sous le roi Matthias. Pays, alors respectable par sa puissance (« l’armée noire ») ses richesses (mines d’or), sa culture (les enluminures Corvinas), et s’étendait, grosso modo, dans tout le bassin des Carpates.
2.La deuxième catastrophe d’ampleur encore plus fatale que la précédente, était la conquête par l’empire Ottoman de Soliman le Magnifique. Là encore, la Hongrie a servi comme rempart de l’Occident, absorbant le choc. Il s’en suivait environ 150 ans d’occupation turque et une population décimée et appauvrie à l’extrême.
3.La troisième catastrophe est arrivée par la conquête de la Hongrie par des Habsbourg, au dépend des turcs, à la fin du 17e siècle. Cette fois, c’est l’Autriche qui non seulement l’a dévasté et a confisqué son indépendance, mais l’a aussi colonisé et déporté une partie de sa population afin de mieux assimiler sa conquête. Plusieurs guerres d’indépendance se sont succédées puis échouées, dont une des plus célèbres était menée par le prince Rakoczy.
Faisant partie de cette longue période d’occupation autrichienne, mais mériterait peut être un chapitre à part, était la terreur sanglante déclenchée suite à la révolution et guerre d’indépendance de 1848-49, menée après un nouvel écrasement de la Hongrie, par l’Autriche cette fois aidée par la Russie.
Obtenant quelque autonomie par la négociation, mais bien sur pas l’indépendance, l’Empire d’Autriche laisse place à l’Empire Austro-Hongrois, naturellement toujours dirigé par l’empereur Habsbourg. C’est à ce titre que la Hongrie est contraint de suivre l’Autriche dans ce qu’est devenu par la suite la Première Guerre mondiale.
4.La quatrième catastrophe était, après la défaite et le traité de Trianon (dans la foulé des traités de Versailles de 1918-20), le démembrement de la Hongrie, à qui on a certes rendu son indépendance, mais qui a été redessinée, de manière à perdre plus de 2/3 de son territoire historique, et surtout la moitié de sa propre population hongroise. (Car dans les larges contrés attribuées à ses voisins vivaient non seulement des nationalités des pays voisins, mais aussi plusieurs millions de hongrois, qui se sont ainsi retrouvés à l’étranger chez eux, et le plus souvent, immédiatement objets d’oppression de leur nouveaux maîtres.)
5.La cinquième catastrophe était le putsch fasciste, en 1944, dirigé de Berlin. Il s’en suivait une terreur nazi, environ cent mille tués ou déportés dans des camps, et une période de collaboration. (Là aussi, il faut être clair : le président Horthy a résisté à la pression d’Hitler plusieurs années, et ce n’est qu’en octobre 44, pendant qu’on l’a retenu de force en Allemagne où il était en visite officielle, que le putsch du parti fasciste a pu être orchestré, parti par ailleurs minoritaire à moins de 10% et officiellement banni en 1937. Que cela soit dit.)
6.La sixième catastrophe, faisant suite immédiate de la précédente, était naturellement l’occupation soviétique, emmenant dans ses sillons une nouvelle terreur et de nouvelles déportations, dans des goulags. A cette période appartient aussi, la révolution de 1956 et son écrasement dans le sang, observé, dans les faits, passivement par les démocraties occidentales. La suite est plutôt connue…
Voici donc, en résumé, d’où vient le désir identitaire de la Hongrie d’aujourd’hui…
Ceci dit, il suffit de lire, ne serait-ce que les premières pages de sa nouvelle (et encore controversée) constitution, pour se rendre compte, que de « national » à « nationaliste », il y a un écart de tolérance, que la Hongrie s’interdit à jamais de franchir. Peu nombreuses sont, des constitutions dans le monde (si jamais elles existent) qui donneraient place plus noble à la dignité humaine et exprimerait avec un tel pathos l’empathie avec son prochain.
Personnellement, je suis fier, que mon pays d’origine, ait pu produire un telle loi fondamentale, digne dans son esprit aux plus belles « déclaration des droits de l’homme », de mon pays d’adoption.
Certes, elle n’a pas vocation universelle, mais n’a pas vocation prosélyte non plus, en revanche, elle déclare explicitement le respect des autres peuples et des autres cultures.
Certes, cette constitution n’est pas non plus d’inspiration laïque, au sens où ce concept est ancré dans histoire de France depuis 1905. Le mot même est absent du dictionnaire hongrois. Au contraire, la Hongrie revendique ses « racines chrétiennes », ce qui semble presque inconvenant aux yeux d’une Europe « progressiste ». Ce ne serait pas assez « moderne »…
Cependant, par le droit à la différence, c’est inscrit profondément dans l’identité hongroise. Son hymne nationale, « sa Marseillaise », qui est en fait une prière, commence par ces mots : « Que Dieu bénisse les Hongrois ». Et comble des combles! il est resté l’hymne national également durant la dictature (dite) communiste…
C’est donc tout naturellement (du point de vue hongrois du moins, mais c’est là le seul qui compte, n’est-ce pas), qu’il figure en tête de la nouvelle constitution.
Sans rentrer dans des débats idéologiques ou philosophiques, cela n’a pas empêcher que cette constitution devienne, sans aucun doute, une des plus humanistes du genre.
La France ne s’est pas faite non plus en deux ans. On ne peut pas demander d’un petit pays qui sort de 50 ans de dictature et de 20 ans de régimes fébriles ou corrompus de renoncer à son identité avant même qu’il la récupère. Et si l’on veut bien appliquer un minimum de tolérance et d’objectivité, avouons que c’est aussi l’ordre des choses. C’est comme cela que toutes les autres nations européennes se sont développés, si toutefois elles avaient la chance de pouvoir le faire. Et ce n’était, ces derniers temps de l’histoire, pas le cas de la Hongrie.
Cette nouvelle constitution est une marque de ce gouvernement. Une marque de son investiture par plus de deux tiers des électeurs. C’est la marque d’un renouveau, d’une renaissance véritablement historique. Il est réellement dommage qu’elle n’ait pas, aussi, comprise de cette manière, par l’observateur occidental, derrière lequel se cache, peut être par trop discrets, des siècles de développement et de progrès continus.
Cette constitution est donc en même temps qu’un retour aux sources indispensable et bienfaiteur, une profession de foi de fraternité universelle avec tous les peuples de la terre, une déclaration des principes des plus humanistes.
Elle est de plus, certainement la première constitution au monde, qui inclut également les droits des générations futures, des principes écologiques fondamentaux comme le respect de l’environnement et de la nature, et l’utilisation responsable et mesurée de ses ressources.
Cette constitution est également la première à prononcer la responsabilité des gouvernants à maintenir l’équilibre financier de l’État. (C’est un point, qui est curieusement très vivement critiqué, entre autre par de nombreux députés européens ! On dit, que cela « entrave la démocratie » et limite l’action des gouvernements futurs. Comme s’il faudrait laisser la porte grande ouverte à l’endettement. Existe-t-il une politique secrète ? Y a-t-il double discours ?)
Oui. Cette constitution cherche des vraies solutions et pose peut être des jalons d’une ère nouvelle ! Et les puissants d’aujourd’hui trouvent cela insupportable !
Du coup, des pires calomnies pleuvent… De toute part viennent des remontrances, des pressions inamicales. Une véritable campagne internationale est lancée afin d’ostraciser et faire tomber ce gouvernement qu’ils ne supportent plus.
Puis, crise aidant, on souhaite gouverner par des apparatchiks du FMI, comme en Italie ou en Grèce. On a déjà choisi le remplaçant…
Mais, laissant un instant les calomnies puantes de ceux qui ont des projets inavouables.
Voici un extrait du préambule de cette constitution. Avouons que c’est loin, mais très loin, des prémisses d’une dictature ou même de l’ombre de l’intolérance :
« …
Nous reconnaissons la vertu unificatrice de la chrétienté pour notre nation. Nous respectons les différentes traditions religieuses de notre pays.
Nous promettons de préserver l’unité intellectuelle et morale de notre nation brisée par les tourments du siècle dernier. Les minorités ethniques vivant avec nous font parties de la communauté politique hongroise et sont des éléments constitutifs de la nation.
Nous nous engageons à préserver et à entretenir la culture hongroise, notre langue unique, la langue et la culture des minorités ethniques vivant en Hongrie et les valeurs du bassin des Carpates créées par l’homme ou qui lui ont été confiées par la nature.
Nous assumons la responsabilité pour nos descendants, ce pourquoi nous défendrons les conditions de vie des générations futures, nos successeurs, par une utilisation optimale de nos ressources matérielles, intellectuelles et naturelles.
Nous croyons que notre culture nationale est une contribution riche à la diversité de l’unité européenne.
Nous respectons la liberté et la culture des autres peuples et nous recherchons la coopération avec toutes les nations du monde.
Nous affirmons que la dignité de l’Homme repose sur la vie humaine.
Nous affirmons que la liberté individuelle ne peut se réaliser qu’en coopération avec autrui.
Nous affirmons que les cadres essentiels de notre vie en communautés sont la famille et la nation et que les valeurs fondamentales de notre unité sont la fidélité, la foi et l’amour.
Nous affirmons que les fondements de notre communauté et de la dignité de l’Homme sont le travail et les créations de l’esprit humain.
Nous affirmons notre devoir d’aider les pauvres et les démunis.
Nous affirmons que les objectifs communs du citoyen et de l’État sont le bien-être, la
sécurité, l’ordre, la justice et la liberté.
Nous affirmons que le pouvoir du peuple ne peut s’affirmer que si l’État sert ses citoyens avec équité, sans abus ni partialité
… »
/Dans le prologue de la Constitution, extrait de « Profession de foi nationale »/
Traduction française disponible sur ce site gouvernemental :
http://www.kormany.hu/download/3/ab/30000/Alapt%C3%B6rv%C3%A9ny_franciaja.pdf
Là arrive la traduction de l’appel d’Istvan Csurka, dont j’ai parlé au début :
Agression : 1956+56=2012
Les tanks sont partis…
Les banques sont venues…
…et des agent de l’FMI.
Ce qui s’est passé avec la Hongrie à la fin de l’automne 2011, est analogue à ce qui s’est déroulé le 4 novembre 1956, quand les chars de l’Armée Rouge ont déferlé sur le pays, et en surnombre écrasant ont anéantie sa liberté conquise.
Le fait, que maintenant l’invasion ne s’est pas faite par des tanks, et qu’elle est arrivée de l’ouest et non pas de l’est, n’y change rien. Mondialisation aidant, on peut désormais annihiler l’indépendance d’un pays tout aussi bien par des opérations bancaires qu’avec des chenilles de blindés.
Qu’est-ce qui s’est passé, et comment il s’est passé, peu le savent. Ce qui est sur, c’est qu’une série d’attaques étonnamment complémentaires ont été déclenchées contre notre monnaie nationale (*le Forint) et les finances de l’État, emmenant le taux d’échange avec l’Euro à des seuils jamais connus, menaçant ouvertement d’une déclassification de ses capacités de remboursement (ce qui d’ailleurs a été fait depuis*), auquel on a ajouté la probabilité d’un défaut général de prêt, étant donné la perspective que les obligations d’État deviennent invendables.
La menace de l’Euro à 400 Forint a planée (*il était alors déjà à 300 environ), ce qui aurait balayé d’un trait les résultats déjà tangibles des efforts faits pour diminuer la dette publique. Mais vu les proportions des acteurs présents tout cela est négligeable. Quelques grandes banques, ainsi que quelque réseau d’investisseurs individuels, ont mobilisé suffisamment d’argent pour mettre à terre la Hongrie toute entière, par des opérations financières, dont la manière coordonnée ne fait aucun doute. Tout cela a eu lieu. La gouvernement devait désormais envisager l’insolvabilité et la faillite.
Les indicateurs économiques étant alors justement en phase de redressement, tout cela a des raisons politiques.
Le gouvernement hongrois, amené par Victor Orban, fort d’une légitimité de deux tiers des voix, inégalée depuis la chute du mur, s’est mis à écrire une nouvelle constitution, l’ancienne datant toujours de l’ère communiste en commençant à placer les fondations d’une société innovante, défini non par par des égoïsmes individuels, mais organisée autour de la collaboration des collectivités et la préservation des intérêts nationales, en pleine conformité avec ses engagements électoraux.
Il s’est donc détourné de l’ordre néolibéral, sans toutefois, avoir enfreint aucune des règles établies. Il a avancé prudemment, d’autant plus qu’il devait se voir investi à son tour, de la présidence européenne.
Alors que maintenant, la Commission Européenne semble presque approuver les attaques délibérées contre l’indépendance hongroise.
Victor Orban, dont on réclame désormais la tête, si l’on en juge d’un point de vu strictement hongrois, a tout bien fait (du moins, dans la mesure que l’on puisse dire autant des faits des hommes). Il a entre autre, refusé dès le début, l’idée généralement appliquée ailleurs, de faire payer les coûts de la crise financière par la population.
Et c’est précisément ce de quoi il est coupable.
Selon les seigneurs invisibles de la mondialisation, le chef d’un gouvernement hongrois ne peut être qu’un de leurs sujets, une marionnette placée là par leur soins. « Orban doit partir » disent-t-ils, et font ils dire en chœur, à l’intérieur comme à l’extérieur des frontières, car n’en déplaise à ses agresseurs, il tente devenir un premier ministre qui sert d’abord son pays.
L’analogie avec des évènements de 56 est d’autant plus flagrante, que la tentative hongroise est finalement tout aussi dangereuse au regard du « nouvel ordre » libéral actuel, qu’était la révolution et guerre d’indépendance au vu de l’ordre mondial d’alors.
Curieusement, plusieurs initiatives d’Orban ont été depuis introduites dans d’autres pays. L’imposition des banques et surtout le positionnement innovant par rapport à l’ordre libéral mondialisé a séduit plus d’un. En même temps, Orban s’est rendu compte lui-même, que son expérience est dangereuse, et que la patience des seigneurs de la mondialisation aura une fin.
Mais estimant que, pour le peuple hongrois, saignés à blanc plusieurs fois jusque dans leur histoire récente, rester dans des conditions identiques serait fatal, il s’est décidé d’agir.
Il y était comme prédestiné, également par le suffrage universel en avril 2010 par plus de 2/3 des voix, et faut-il ajouter, de manière absolument régulière. Emmenant son navire en pleine mer, cherchant et trouvant de nouveaux alliés… il a été torpillé. Son navire n’est pas encore coulé, on peut encore colmater la brèche, mais la libre navigation est devenue impossible.
L’Hongrois est victime de nouveau. Victime de sa soif de liberté.
Le jour viendra, dans vingt ans, et peut être même avant, quand cette « globalocratie » effrénée, qui manipule le monde par des crises qu’elle même a générée, aura définitivement sombrée, laissant la place à un monde encore inconnu, un monde mesuré, économe et croyant, on se souviendra peut être que les Hongrois en ont été les précurseurs.
Un peu, comme après 56 Albert Camus a rendu hommage à notre sacrifice.
Orban le sait bien, que la « globalocratie » des banquiers insatiables, quelque soit leur puissance actuelle, va tomber inéluctablement. Un nouveau monde doit venir, car l’actuel est une menace en soi à l’existence même de l’Humanité.
En attendant, il faut cependant rester en vie. C’est pourquoi, commencent les négociations entre le capitaine du navire torpillé et les généraux de l’FMI. Ce sont là, en somme, les conditions de négociation en tout semblables à celles qui étaient pratiquées à Trianon. (* traité de paix en 1918-1920 avec la Hongrie où elle a été amputée de 2/3 de son territoire et de la moitié de sa population hongroise, en plus des réparations…)
La question n’est plus de savoir si l’on sollicite, ou pas, le crédit du FMI, mais qu’en évitant le naufrage, la faillite de l’État, qu’est-ce qu’on pourra sauver de nos aspirations initiales. Est-ce que notre constitution pourra être appliquée, est-ce qu’on pourra poursuivre les procédures engagées à l’encontre de représentants du gouvernement précédent s’étant rendu coupables, entre autres, d’abus massif de biens sociaux à des fins d’enrichissement personnel, jouissant cependant des faveurs non dissimulées du FMI.
Pourra-t-il rester quelque chose de ce qu’une immense majorité de la population hongroise a rêvé de s’offrir ?
Rêve, dont encore trop peu a pu être réalisé, étant donné les les crises auto-générées de la mondialisation. Sera-t-il encore possible de conduire à bon port le processus engagé afin de rembourser par anticipation des dettes contractées en Franc suisse, ou alors les négociations à venir avec le FMI signifient-elles au contraire que des banques sans scrupule vont pouvoir encaisser les intérêts devenus astronomiques, sur les ménages déjà au bord du gouffre.
(*NB: Plus d’un millions de personnes, soit presque 1/3 des ménages, encouragé par des campagnes officielles, a contracté un crédit à la consommation en Franc suisse, durant le règne du précédent gouvernement « libéral-socialiste » (2002-2010). Avec l’envolé du taux de change, ces ménages se sont vu leur mensualités tripler ou quadrupler, menaçant leur patrimoine, voire même leur survie. Afin de sauver cette population de la faillite et empêcher leur anéantissement financier, le gouvernement actuel a négocié avec les banques concernées un remboursement anticipé avec un taux proche de celui observé au moment de la signature pour les contractants, la différence devant être prise en charge par l’État lui-même.)
La situation politique intérieure a pris également une tournure dramatique. La majorité des deux tiers qui l’a porté au pouvoir, ne peut plus se fier avec d’autant de conviction qu’auparavant à son Premier ministre, étant donné qu’il a dû signer l’armistice avec des puissances extérieures et que désormais il est placé sous leur surveillance inamicale.
C’est même ça tête que l’on réclame, et s’il ose s’exprimer, c’est tout le pays qu’on va contraindre à se soumettre au couperet de la faillite d’État. C’est là une forme rare et subtile d’un chantage extrême.
La guerre financière est encore loin d’être terminée. L’objectif est au contraire à la faire durer.
Car, à l’instar du concept trotskyste de révolution permanente, on a instauré l’idée de la crise permanente, en tant qu’ultime arme d’intervention.
Par contre, ceux qui ont pu gardé encore une certaine marge de manœuvre et de liberté d’action, ce sont les citoyens eux-mêmes : entrepreneurs et employés, gens d’Église ou d’autres de sensibilité chrétienne, les nouveaux pauvres et encore, la jeunesse, vivant souvent dans des conditions difficiles mais qui dispose encore d’une conscience de l’intérêt national.
Ce qu’Orban, sous observation hostile, n’est même pas autorisé à penser, des millions doivent le dire haut et fort.
En même temps, il ne faut peut être pas trop dramatiser non plus l’occupation, par les forces du FMI.
En 56, après le 4 novembre, les conseils ouvriers et les comités révolutionnaires ont poursuivi leurs activités, et le règne de Serov et des « longs manteaux » n’est devenu réalité qu’après mise en application de la plus impitoyable terreur.
Mais aujourd’hui, qui emploierait la terreur ? Qui oserait commander aux pelotons d’exécution au nom du FMI ?
Serait-ce cette minorité d’opposition disparate et rétrécie, qui a jusque là si servilement collaboré avec les intérêts rapaces du monde financier et bancaire ? Cette coalition « de la carpe et du lapin » constituée des ex-communistes apparatchiks et des libéraux, totalement désavoués ? (* ces derniers, SZDSZ, avec moins de 1% des voix, se sont vu réorganisés sous une nouvelle enseigne, LMP… sigle signifiant littéralement : « la politique, autrement »)
Maintenant, ceux qui se sont octroyé, par leur travail, leur participation et leur patience, cette majorité des deux tiers, leur résistance inébranlable sera vraiment nécessaire.
Tout d’abord, il faut qu’il soit clair : tant que la majorité obtenue par des voies démocratiques prévaut à l’assemblée nationale, changer le chef du gouvernement est impensable. La volonté d’une majorité de la société veut que le Premier ministre reste, fusse malgré qu’il aie dû déposer les armes face au FMI.
Il faut qu’il soit clair, que ceux qui évoquent aujourd’hui la chute d’Orban, ce sont les mêmes traitres à la nation, qui ont docilement collaboré et collaborent toujours avec nos ennemis. Car, il faut se rendre à l’évidence : nous avons des ennemis. A l’intérieur comme à l’extérieur.
Il faut que cette volonté commune de la majorité se manifeste sous la forme de mouvements populaires et de manifestations de soutien, et par l’engagement sans faille des nombreuses associations et organisations motivées.
Il est temps de comprendre, qu’il ne s’agit pas là de la carrière d’un homme, mais de l’avenir et du destin d’une nation.
En ce moment, toute reculade, tout excuse évoquant des difficultés de moyens, est dangereuse. L’histoire a pu nous l’apprendre que si un élu de la nation est mise en difficulté de gouverner, tout en ayant reçu la confiance d’une majorité de deux tiers des voix, alors l’initiative de l’action doit revenir sur ceux qui l’ont mandaté : le peuple lui-même.
C’est ainsi, par exemple, que les investigations au sujet des fraudes économiques massives pourraient continuer, si la population explicitement le réclame, car c’est au contraire leur suspension qui est demandée par Bruxelles!
Le FMI ne va pas exiger non plus de mettre Gyurcsany (*l’ex Premier ministre), devant ses responsabilités, notamment à s’être servi abondamment du bien publique en bradant le patrimoine national, d’agent obscure du parti unique devenant magnat richissime… mais ne peut pas non plus empêcher le peuple de réclamer justice!
Ainsi, l’inculpation en série des ex-dirigeants de la « profitocratie » a été largement attendue par le public après les élections, mais qui a fini par trouver étrange le peu de procédures engagées dans ce sens. Et pour cause, à partir de maintenant, il doit les suivre pas à pas. Le peuple use de son droit fondamental, et le FMI ne peut lui donner des ordres.
Mais il y a encore plus important à faire. En ce moment, la division profonde de la société est devenue une évidence.
Jamais encore il n’a été plus clair, qui est un « long manteau » du FMI et qui est hongrois. Maintenant, chaque traitrise contre l’intérêt général doit être pointer du doigt.
Qui sont ceux, qui non seulement ont été au courant du projet d’annihilation financière de la Hongrie, mais y ont activement contribué en exploitant leur relations internationales, visant à rétablir leur règne et à pouvoir continuer ainsi leur enrichissement illégale en toute impunité, se servant des conséquences néfastes de cette véritable conspiration contre les Hongrois, épris de la réalisation tant attendue de leur idéal de liberté et d’identité.
Combien sont-ils, quels sont leur moyens, comment procède-t-ils ? Jamais encore il n’apparaissait aussi clairement, qui sont ceux qui œuvrent contre la volonté exprimée par l’immense majorité du peuple.
Oui, un cercle restreint de traitres s’est maintenant démasqué. L’ex banquier, commandité pour l’occasion, qui a publiquement déclaré, comme une prophétie devant s’accomplir, que dans un an, l’actuel membre de la Commission Européenne, l’ex membre communiste du parti unique, Andor Laszlo, devra remplacer Orban Victor au poste de Premier ministre de la Hongrie.
Andor Laszlo n’est par ailleurs légitimé par aucune élection nationale, et très probablement, ne le sera jamais, si ce n’est, semble-t-il, par les seigneurs de la « globalocratie », qui ont jeté leur dévolu sur notre souveraineté nationale. Tandis qu’Orban, lui, faut-il encore souligner, est soutenu démocratiquement par une majorité historique de deux tiers de la population !
Comment qualifier cela, si ce n’est comme une traitrise à la Nation et une absence totale de considération envers la démocratie ?
Le rappel du FMI sous la contrainte diminue la liberté d’action du gouvernement, mais pas celle du peuple. Et la majorité consciente, portant en elle « une certaine idée de la Hongrie » ne sera pas condamnée à côtoyer ceux qui ont choisi de miner délibérément la réputation et la cohésion du pays.
Il ne faudra pas que se reproduise, ce qu’on a observé après la terreur qui a suivi l’écrasement de la révolution de 56, où après avoir vu ériger une forêt de potences, les hongrois ont finalement consenti à continuer de vivre avec leur bourreaux, vendus à nos ennemis d’alors.
La nation ne devra plus tolérer ses nouveaux bourreaux, les suppôts du FMI, et se résigner amèrement à accepter l’inacceptable. A chaque instant, à chaque rencontre, à chaque occasion publique, leur traitrise devra être soulignée.
De manière strictement pacifique et légale, la bassesse de leur action devra être démontrée, et ils devront en porter humainement les conséquences. Ils ne doivent pas se sentir chez eux dans un pays, dont ils ont contribué à anéantir les désirs de liberté et de démocratie.
Qui sont ils ? Ils s’agit là des personnes les plus nanties du pays. Disons le tout de suite : quasiment tous leur biens ont des origines douteuses. Il y a par exemple le président actuel de la banque centrale hongroise, protégé de Bruxelles, qui a placé sa fortune dans une banque off-shore chypriote, fortune qu’il a accumulée via l’intermédiaire financier Deloitte & Touche, lors des privatisations, vendant à vil prix, tout ce qui qu’il pouvait des biens de l’État après la « chute du mur ». Naturellement, lui non plus ne souhaite rendre des comptes.
Leur carrière ? C’est la corruption même. L’idée, par exemple, de nommer ce dernier à la présidence de la MNB, après son parcours plus que controversé, ne pouvait naître que dans un esprit à l’exact opposé des intérêts généraux du pays.
Et les autres ? Bekesi avec son Fotex ? Il est maintenant porte parole du FMI. En revenant aux affaires publiques, il a amené avec lui ses relations, sa « sagesse » bien connue, et son inépuisable sympathie envers une sévère politique de restrictions à la grecque. Quel est son intérêt parmi nous ?
Il serait inutile d’énumérer tout le monde, des berlinois à Konrad, en passant par Kertesz Akos, qui s’est illustré par son attitude la plus directement anti-hongoise. Eux, ils sont comme ça.
Le déséquilibre des forces en faveur du FMI et des puissances financières, alliées à l’acharnement antidémocratique d’une opposition ultra-minoritaire dépourvu du sens du bien public et de la Nation, ont forcé le gouvernement, dans une lutte inégale, à déposer les armes et à renoncer à une partie importante de son programme.
Mais, cette défaite ne se transformera pas en un Trianon définitif, si le peuple hongrois se lève pour exprimer sa conviction et son soutien envers son gouvernement qu’il a démocratiquement élu.
En aucun cas nous ne devons reculer, ni devant des partis d’opposition hargneux mais ultra-minoritaires dont la corruption économique et morale a été démasquée, ni devant des puissances étrangères jusque là servies par ces derniers, qui souhaitent maintenant, par un chantage économique et financière ignoble, nous imposer un rôle de « clone » et nous priver, par la violence encore, de ce qui nous reste de notre identité et de notre liberté inaliénables!
Csurka István